Gaël van der Meij (castanéiculture)

Je suis paysan depuis 2016, m’étant initialement installé à 21 ans en maraîchage et castanéiculture sur des terres que l’on me prêtait gracieusement, car n’étant pas du tout du milieu agricole. Début 2018 j’ai cessé le maraîchage et me suis concentré sur la production de châtaignes, en nettoyant et rouvrant des châtaigneraies qui avaient été abandonnées avec le temps. Il faut savoir que la castanéiculture est une production patrimoniale en Ardèche, pratiquée depuis plusieurs siècles car elle permettait de valoriser des terres très difficiles de par leur relief et le peu de terre qu’on y trouve. Les arbres en production dépassent quasiment toujours le siècle d’existence, parfois même 200 voire 300 ans pour certains, dans un premier temps le gros du travail en phase d’installation consiste donc à leur permettre de produire à nouveau convenablement en supprimant les parties qui auraient pu pousser sous le point de greffe ainsi que les arbres sauvages qui auraient pu pousser au milieu des vergers. Cela permet de ne récolter que les variétés qui ont été sélectionnées dans le temps pour leurs différentes qualités. 

En 2019, en parallèle du développement de cette activité, j’ai suivi une formation de 9 mois afin d’obtenir enfin une qualification agricole. Durant cette formation j’ai pu prendre contact avec un agriculteur de ma commune qui partait en retraite et dont les terres étaient à reprendre (avec un gros travail de remise en état suite à un abandon progressif ces 15 dernières années), ainsi qu’avec un autre propriétaire qui n’était plus en mesure de travailler ses terres et qui me proposait de les reprendre également. C’est ainsi que début 2021 j’ai récupéré 80ha en location, c’est à dire avec une sécurité qui me permettait de m’installer officiellement, ce que je ne pouvais pas faire jusque là du fait que les terres que je travaillais jusqu’ici ne m’étaient que prêtées, sans papier officiel, ce qui m’empêchait de me projeter dans l’avenir. Cela peut paraître beaucoup, mais cela reste des terrains ardéchois, avec souvent plus de cailloux que de végétation, et qui sont pour la plupart non mécanisables avec les tracteurs, donc bien difficiles à travailler. Malgré cela j’ai pu démarrer cette année l’élevage de brebis dans le but d’entretenir le territoire et de produire de la viande d’agneaux, mais surtout développer encore la production de châtaignes, le tout en AB. Ces deux activités sont très complémentaires, à la fois en terme de gestion du temps de travail puisque les pics ne sont pas au même moment, mais aussi en terme de gestion et de valorisation du territoire, les brebis permettant même d’entretenir les vergers et de valoriser des fruits qui n’auraient pas été ramassés ou même certains déchets de tri.

Pour cette première année dans ces nouvelles châtaigneraies j’ai produit entre 11 et 12 tonnes de fruits, certifiés en agriculture biologique et AOP châtaigne d’Ardèche, 2 labels qui valident une qualité certaine de notre travail. Je transforme une partie de ces fruits en frais : plusieurs sortes de crèmes (ou confitures) de châtaigne, des marrons au naturel (châtaignes entières en bocaux sous vide) ainsi que de la purée de châtaigne. Une autre partie est séchée puis transformée en farine et brises de châtaignes (séchées et concassées que l’on peut cuisiner comme du riz ou des lentilles). J’en vends aussi en frais sur quelques marchés et aux amaps, et jusqu’à cette année j’en grillait même sur des marchés de Noël. Enfin le reste de la production est vendue à un grossiste qui les distribue ensuite à l’industrie, aux primeurs, aux grilleurs etc… Tous ces débouchés ont leur cohérence et sont interdépendants, car les fruits de chaque variété et même chaque calibre au sein d’une même variété n’auront pas forcément la même vocation finale. Étant en bio il n’y a bien évidemment aucun traitement sur les arbres (les insectes et maladies des fruits s’en donnent souvent à cœur joie!), sur le sol (l’entretien se faisant grâce aux animaux et au débroussaillage manuel) ni sur les fruits après récolte qui sont triés à l’eau par flottaison puis visuellement en les passant sur la table.

Les châtaigneraies ayant subi un grand manque d’entretien et de renouvellement ces 60 dernières années, il y a beaucoup de travail de remise en état des vergers existant, par le débroussaillage, la réouverture et l’élagage. Cela prend énormément de temps, et j’en ai pour un bon nombre d’années. En parallèle, par passion pour ce fruit patrimonial de la culture Ardéchoise et Méditerranéenne, je greffe et je plante des jeunes châtaigniers afin de rajeunir des vergers bien trop vieillissants. Cela n’a pas été fait depuis bien longtemps car un arbre met 10 ans avant de commencer à produire, pour commencer à atteindre une production correcte à l’âge de 25/30 ans, et dans une société du court terme c’est inenvisageable de se projeter ainsi. La passion et l’amour de ce fruit et de cet arbre majestueux m’incitent à le faire pour que cette culture puisse se poursuivre dans le temps, malgré le manque de rentabilité immédiate d’un tel travail. »

Vous pouvez consulter l’attestation BIO délivrée le 12/10/2021 à GAEL VAN DER MEIJ
1918 ROUTE DE VALGIRONNE – 07530 GENESTELLE

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